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Contact

Nora Rupp

Chemin des Ramiers 22

1009 Pully

Switzerland


contact@norarupp.com
+41 (0) 76 520 91 38

About

Nora Rupp (CH, 1981) lives and works in Lausanne. She studied photography at the School of Applied Arts in Vevey. Since 2010, she is the museum photographer of the Musée des Beaux-Arts in Lausanne. At the same time, she develops and exhibits several artistic projects, such as Sentier Battu, Ako and Henro, in different towns (Paris, Lausanne, Nyon, Assens), and she continues her self-portrait work which she started in 2003.

Professional experiences

2010 –

  • MCBA, Musée cantonal des Beaux-Arts, Lausanne
    Photograph

2010

  • Migros Magazine, Zurich
    Photographic report

2009

  • Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et Croissant-Rouge (IFRC), Genève
    IFRC 90th Anniversary Co-curator
  • Arsenic, Lausanne
    Poster campaign for the 2010 season
  • Alexandre Doublet , Lausanne
    Photographer for the Theater Company “Alexandre Doublet”

2008

  • Manufacture, Haute École de Théâtre de Suisse Romande, Lausanne
    Reportage of the performances

2007 

  • Musée International de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève
    Photograph for the museum collection
  • Musée Olympique, Lausanne
    Photograph for the museum collection

Collective exhibitions

2010

  • NEAR — Helvétie, projection pour les 25 ans du Musée de l’Élysée, Lausanne, Switzerland

2011

  • Circulation(s), Festival de la jeune photographie européenne, Paris, France

2013

  • Hétérotopies, Espace culturel Assens, Assens, Switzerland

Personnal exhibition

2009

  • Sentier Battu, La Focale, Nyon, Switzerland

Impressum

All images © Nora Rupp
Design: Aurèle Sack
Code: Romain Cazier
Typeface: LL Grey/Lineto
© 2020 Nora Rupp. All rights reserved.

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Nora.s

Nora.s                                                            (français plus bas)

 

Nora.s is a long term self-portrait work that I started during my photography studies. It is often a setting that calls me; I dive into it and transform myself. An unknown presence takes shape, is sculpted, to the point of capturing a woman behind the scenes of the imaginary, of which I reveal only an instant.
As the years go by, this carnival ritual accompanies me and is refined. The palette of pictures builds a mural of the contemporary woman, in all her contradictions, without hierarchy, bathed in the most diverse contexts. This enormous work, spanning two decades, has however never been unveiled. The reasons that pushed me to this strange ritual seemed still too vague for me to dare to show it and defend it.
Then, in the winter of 2019, at the age of 37, I had a stroke. It's a real fracture. The woman I was no longer exists. I see in the eyes of those who observe me a friction between what I still represent and what I feel I have become. The mask falls off by itself and I finally understand the meaning of the work that has been with me for so long; it is a questioning of identity, of the masks that we wear, that we build ourselves, of the different skins that we put on like a costume in order to fit in the setting and be accepted by the surrounding gaze. It is a documentation of the place of women through my multiple selves, projected in the daily contexts that I go through, that I observe, that I inhabit. Sometimes I don't know if I am taking the place of other women or if they are the ones who slip into my veins to speak with one and the same voice.
During the confinement, finally finding the space to do the shedding that had been pending since my accident, I indulged in a real cathartic explosion. Mocking the "invisible handicap" that society has been afflicting me with since my stroke, I had fun making visible the overwhelming structures that mine our own identities; from the burned woman to match beauty standards, to the solitary bulimic, from the weeper with baroque tones to the sexy woman of mundane evenings... There is a liberating pleasure in pointing and firing creaky images at our mortiferous society of appearances. 
For this multitude of Nora.s finally asks only one question: Why do we have to play so many roles to be part of the picture?

 

Noras.s    

                     

Nora.s est un travail d’autoportrait au long cours que j’ai commencé lors de mes études en photographie. C’est souvent un décor qui m’appelle ; je plonge dedans et me transforme. Une présence inconnue se dessine, se sculpte, jusqu’à capturer une femme dans les coulisses de l’imaginaire, dont je ne dévoile qu’un instant.
Au fur et à mesure des années, ce rituel carnavalesque m’accompagne et se peaufine. La palette de clichés construit une fresque de la femme contemporaine, dans toutes ses contradictions, sans hiérarchie, baignée dans des contextes les plus divers.
Cet énorme travail, à cheval sur deux décennies, n’a pourtant jamais été dévoilé. Les raisons qui me poussaient à ce rituel étrange me semblaient encore trop floues pour que j’ose le montrer et le défendre.
Puis, en hiver 2019, à 37 ans, je fais un AVC. C’est une véritable rupture. La femme que j’étais n’existe plus. Je vois dans le regard de ceux qui m’observent un frottement entre ce que je représente encore et ce que je me sens être devenue. Le masque tombe de lui-même et je comprends alors, enfin, le sens du travail qui m’accompagne depuis tant de temps ; c’est un questionnement sur l’identité, sur les masques que l’on porte, que l’on se construit, sur les différentes peaux que l’on enfile comme un costume pour s’intégrer dans le décor et être acceptée du regard environnant. C’est une documentation de la place de la femme à travers les multiples moi, projetés dans les contextes quotidiens que je traverse, que j’observe, que j’habite. Je ne sais parfois plus si je prends la place d’autres femmes ou si ce sont elles qui se glissent dans mes veines pour parler d’une même voix.
Lors du confinement, trouvant enfin l’espace pour faire la mue en suspens depuis mon accident, je me suis livrée à une véritable explosion cathartique. En pied-de-nez au « handicap invisible » dont m’affuble la société depuis mon AVC, je me suis amusée à rendre visibles les structures écrasantes qui minent nos propres identités ; de la femme brûlée pour répondre au canon de beauté, à la boulimique solitaire, de la pleureuse aux tonalités baroques à la femme sexy des soirées mondaines… Il y a un plaisir libérateur à mettre en joue et mitrailler d’images grinçantes notre société mortifère du paraître.
Car cette multitude de Nora.s ne pose finalement qu’une seule question : Pourquoi faut-il jouer tant de rôles pour réussir à faire partie du tableau?